Alexandrie ou le refus de l'autre
La tuerie d'Alexandrie vient à la suite d'autres massacres interreligieux comme intra religieux. Que ce soient les Coptes en Egypte ou les Sunnites ou les Chiites en Irak, ou les chrétiens en Asie, cette folie meurtrière est une hérésie qui fait couler le sang sur notre terre.
Ces actes barbares révèlent l'incapacité de leurs auteurs de penser l'autre dans son identité propre. Cette folie sacrilège affirme que leurs auteurs eux seul sont les élus, et donc que seuls les identiques à soi sont porteurs de vérité. Et cette Vérité, ils affirment posséder de la bouche même de la divinité. Je n'ose pas écrire Dieu car ce serait L'associer au crime. Et comment associer Dieu à ce refus de l'autre qui va jusqu'à vouloir sa disparition dans l'aveuglement et la sauvagerie.
Cette aspiration vers le néant est mortifère pour ses auteurs eux-mêmes. Nier l'autre, c'est nier son humanité et c'est aussi nier sa propre humanité. Tout être humain portant le reflet de Dieu en soi ne peut effacer de façon barbare ce même reflet chez l'autre sans nier en même temps le Dieu qu'il prétend affirmer ne l'habite pas.
Les chrétiens ont-ils le droit à l'existence dans le monde arabe?
Certes chronologiquement, ils sont les plus anciens. L'Islam ne précède pas le christianisme. Les Coptes étaient là avant que les musulmans ne soient. Mais cette référence historique est dénuée de sens pour ceux qui nient le droit à l'existence de l'autre. Ils n'en tiendront jamais compte.
Car il s'agit d'une incapacité à penser l'autre dans son identité propre. L'autre qui vit à côté de vous, avec lequel dans l'enfance, on a joué parfois.
Mais la différence que porte l'autre met en danger celui qui la refuse. Cette différence est ressentie comme une mise ne danger de soi. Comment l'autre pourrait-il être différent alors que je possède la Vérité? Et si tel était le cas, ma vérité ne serait pas absolue, la relativité serait la règle. Alors qui serai-je? Et ma foi, sera-t-elle?
Alors monte cette insécurité que l'on balaie avec les bombes et les charniers de notre temps enfouissent sous les décombres l'humanité qui est en nous.
Laisser l'autre vivre sa foi en Dieu est se prémunir soi-même contre toute hérésie.
C'est affirmer l'existence de Dieu et non d'un dieu.
C'est vivre et laisser la place à l'espérence.
rabbin François Garaï
Pour en savoir plus sur le premier sujet : http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3995724,00.html et http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3998928,00.html .
Pour la lettre des femmes de rabbins : http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4006332,00.html et http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4005896,00.html